« Moi jây crois pas. »
IDĂE REĂUE #0 :
« LâHYPNOSE, ĂA NâEXISTE PAS VRAIMENT »
*Aaah* ⊠comme cette douce phrase a pu bercer mes oreilles durant les derniĂšres annĂ©es. Peut-ĂȘtre que câest quelque chose que vous pourriez dire aussi, dâailleurs, que « Lâhypnose, ça nâexiste pas vraiment. ». Ou bien alors vous ĂȘtes incertains : plutĂŽt que dâannoncer haut et fort votre croyance, vous prĂ©fĂ©reriez savoir si ou ou non, lâhypnose, câest rĂ©el. Ou bien encore, il est possible que vous soyez de ceux qui sont sĂ©duits par lâidĂ©e, et qui sâaventurent Ă dire « Ah et bien moi, jây crois vraiment, Ă lâhypnose ! ».
Dans tous les cas, sachez que vous ĂȘtes ici les bienvenu.e.s. Si vous lâacceptez, nous partons dĂšs maintenant en quĂȘte de vĂ©ritĂ©, trouver des certitudes au milieu des «est-ce que câest rĂ©el ?». Car que vous soyez grandement intĂ©ressĂ©s par le sujet, ou que vous souhaitiez simplement pouvoir briller par votre culture gĂ©nĂ©rale au prochain repas de famille ou au prochain verre entre collĂšgues : vous ĂȘtes au bon endroit.
IDĂE REĂUE #0
« LâHYPNOSE, ĂA NâEXISTE PAS VRAIMENT »
Si nous nâavons pas encore eu lâoccasion de nous prĂ©senter, je mâappelle âž Victor Duhayon ; je pratique lâhypnose depuis 2015 et suis installĂ© en cabinet libĂ©ral depuis 5 ans Ă lâheure oĂč vous lisez ces lignes. Si vous voulez en savoir plus sur mon travail, vous pourrez trouver vos rĂ©ponses par âž ici. Et sinon, restez donc avec moi, car je me propose de vous offrir un concentrĂ© de science, issu du meilleur de ce que ces annĂ©es mâont appris.
2. Est-ce que lâhypnose ça existe vraiment ?
Si aujourdâhui nous connaissons la rĂ©ponse, il faut bien comprendre que jusquâau siĂšcle dernier, RIEN ne nous permettait de savoir si lâhypnose Ă©tait .. vraie.
Tout nâĂ©tait que croyances, spĂ©culations ou thĂ©ories.

âą Il a mĂȘme fallu attendre 1949 et cette Ă©tude pour pouvoir rĂ©pondre scientifiquement Ă la question « Lâhypnose nâest-elle pas simplement du .. sommeil ? », câest dire ! Pour prouver que ce nâest pas le cas, Bernard Gorton sâest basĂ© sur plein dâĂ©lĂ©ments : amplitude des ondes cĂ©rĂ©brales, rythme respiratoire, circulation sanguine, etc ⊠Autant de concret et de terre-Ă -terre quâil le fallait pour en ĂȘtre sĂ»r et certain. Ă la suite des travaux de Gorton, dâautres Ă©tudes viendront aussi prouver que lâhypnose est un Ă©tat « Ă part, unique », qui ne ressemble en rien Ă dâautre Ă©tats modifiĂ©s de conscience. [11]
« Lâhypnose nâest ni un sommeil, ni un coma, mais un Ă©tat de veille. Le sujet est Ă©veillĂ©, il est donc conscient ; mais dans un Ă©tat de conscience [âŠ] modifiĂ©, appelĂ© ââconscience hypnotiqueââ par rapport Ă lâĂ©tat dâĂ©veil ordinaire dĂ©sormais dĂ©nommĂ© ââconscience critiqueââ. » (Gorton)
âą Arnold Ludwig, parvient en 1966 Ă rassembler assez des donnĂ©es dans cette recherche pour prouver que lâhypnose nâest pas un « jeu dâacteur ». Et non, chers amis, les personnes sous hypnose ne font pas semblant ! Tous ces Ă©lĂ©ments collectĂ©s par Ludwig lui permettront Ă©galement de conclure que physiologiquement, lâhypnose est Ă©galement diffĂ©rente de la mĂ©ditation, de lâeffet placebo et des Ă©tats dits « hystĂ©riques ». [12]
« Cet Ă©tat est diffĂ©rent du sommeil, [âŠ], de lâactivitĂ© cĂ©rĂ©brale du ââmode par dĂ©fautââ qui caractĂ©rise le sujet ne pensant Ă rien, de la mĂ©ditation ou des suggestions placebo. » (Ludwig)


âą Ernest Hilgard permettra de changer le regard sur lâhypnose dans cette Ă©tude, en 1973. Dans cette derniĂšre, il parle de la dissociation (sensation de ne pas ĂȘtre « là », impression de « distance » avec soi-mĂȘme, etc ..). Il montre âpreuves Ă lâappuiâ que ce sentiment provoquĂ©e par lâhypnose nâa rien Ă voir avec celui qui est observĂ© chez les personnes souffrant de maladie mentale. Ce qui permettra de prouver que lâhypnose est saine pour lâesprit. GrĂące Ă de multiples tĂ©moignages de patients, il fait une dĂ©couverte qui va au-delĂ : notre inconscient nous protĂšge contre ce qui pourrait nous nuire, sans mĂȘme quâon sâen rende compte. De quoi rĂ©pondre Ă lâidĂ©e reçue sur les dangers de la manipulation par lâhypnose ! [13]
« Le mĂ©canisme de dissociation est banal et normal et sâobserve par exemple dans des fonctions automatiques telles que la conduite automobile, le fait de taper Ă la machine, etc ⊠Quant Ă lâhypnose, elle participe du mĂȘme phĂ©nomĂšne, mais Ă la diffĂ©rence des autres, elle est provoquĂ©e volontairement et Ă des fins thĂ©rapeutiques. » (Hilgard)
âą Pierre Rainville, lui, dĂ©montrera en 1999 dans cette Ă©tude que lâhypnose nâest pas une « simple relaxation », mais bien plus que ça. Pour cela, il mesure lâactivitĂ© cĂ©rĂ©brale de deux groupes de volontaires. Le premier groupe bĂ©nĂ©ficie dâune sĂ©ance de relaxation ; tandis que le second groupe a droit Ă une sĂ©ance dâhypnose complĂšte. Ensuite, la main des volontaires est plongĂ©e dans de lâeau trĂšs chaude, Ă 47°C ⊠oui oui, vous avez bien entendu ! Les rĂ©sultats montrent que lâactivitĂ© cĂ©rĂ©brale nâest pas la mĂȘme. La relaxation ne provoque que du calme mental et un dĂ©veloppe lâimagination ; alors que lâhypnose dĂ©clenche les mĂȘmes zones du cerveau, mais Ă©galement celles de la mĂ©morisation et de la sensation. Cette Ă©tude prouve que la relaxation et lâhypnose sont diffĂ©rentes, mais aussi que lâhypnose est plus efficace quâune simple relaxation pour gĂ©rer la douleur. [14]
« Les rĂ©ponses cĂ©rĂ©brales associĂ©es Ă lâhypnotique sont clairement distinctes, et parfois mĂȘme opposĂ©es, Ă celles associĂ©es Ă la [simple] relaxation. LâĂ©tat hypnotique contribue ainsi Ă faciliter la rĂ©interprĂ©tation des expĂ©riences perceptives dans lâanalgĂ©sie hypnotique » (Rainville)

⧠Pour résumer ces distinctions entre l'hypnose et les autres états modifiés de conscience :
âą lâhypnose n'est pas du sommeil, ni du rĂȘve
âą ce n'est pas non plus une sorte de coma
âą elle n'est pas non plus un jeu d'acteur ou un effet placebo
⹠l'hypnose est différente des états méditatifs, de la simple relaxation, ainsi que du "mode par défaut" (quand on ne pense à rien)
âą c'est plutĂŽt un Ă©tat actif (et pas passif donc), mais diffĂ©rent tout de mĂȘme de notre Ă©veil habituel
âą la sensation de "ne pas ĂȘtre lĂ " de l'hypnose est bien diffĂ©rente de celle de l'hystĂ©rie (et autres maladies mentales)
âą en plus d'ĂȘtre sain pour l'esprit, cet Ă©tat permet Ă notre inconscient de "veiller sur nous" et de nous protĂ©ger
âą lâhypnose change notre façon de percevoir et de concevoir le Monde qui nous entoure
Alors maintenant quâon a compris que lâhypnose nâĂ©tait pas ⊠plein dâautres choses,
se pose une question : si on ne la compare pas Ă dâautres Ă©tats de conscience,
quâest-ce quâon sait dâelle ?
Références :
[11] « The Physiology of Hypnosis » (Bernard E. Gorton) â DOI : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18147658 & https://doi.org/10.1007/BF01563122
[12] « Altered States of Consciousness » (Arnold M. Ludwig) â DOI : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/5330058 & htpps://doi.org/10.1001/archpsyc.1966.01730150001001
[13] « A neodissociation interpretation of pain reduction in hypnosis » (Ernest R. Hilgard) â DOI : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/4754053 & https://doi.org/10.1037/h0020073
[14] « Cerebral Mechanisms of Hypnotic Induction and Suggestion » (Pierre Rainville & al.) â DOI : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9950718 & https://doi.org/10.1162/089892999563175